Le château de Coubert
Partie I – Les plans historiques de la propriété – XVIIIème – XIXème
Il y a quelques semaines, j’ai découvert par hasard une propriété à Coubert (Seine-et-Marne). Elle regroupe de nombreux bâtiments désaffectés, dont un château et une maison de gardien du XIXème siècle, une façade du XVIIIe siècle et des vestiges d’un ancien château avec douves, enveloppés d’une végétation dense.
Ce site dégage une atmosphère mystérieuse qui a immédiatement éveillé ma curiosité.
Je décide alors de partir à la découverte de ce lieu en consultant les plans anciens.
CARTE DE CASSINI
La commune de Coubert se situe 7 km à l’Est de Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne.
Au XVIIIème siècle, une cartographie topographique est réalisée sur l’ensemble de la France. Elle est produite par plusieurs membres de la famille Cassini.

Cette carte montre sur la commune de Coubert un vaste parc structuré par de nombreuses allées en pattes d’oie. Il se situe au Nord du village.
LE CHÂTEAU AU XVIIIème siècle
En 1719, la propriété est acquise par Samuel Bernard, financier et armateur négrier français. Il est alors l’un des hommes les plus riches d’Europe et principal banquier du royaume. Le village de Coubert est érigé en comté en 1725.

Dans le livre-terrier du comté de Coubert datant de 1725, le château est ainsi décrit :
« Le château se composait de deux grands bâtiments l’un en face de l’autre avec quatre tours aux angles saillants, cour au milieu, le tout entouré de fossés remplis d’eau, ponts sur iceux : avant-cour dans laquelle sont quatre pavillons à quatre faces, situées aux quatre coins de ladite avant-cour, dont un est la chapelle dudit château, l’entrée de laquelle avant-cour est fermée par un grand fossé en demi-lune, rempli d’eau et une grille de fer sur le pont d’icelui.
L’avant parc, situé devant le château, est séparé du grand parc par une mur et quatre grilles de fer ; il est composé de deux grands quinconces d’arbres fruitiers, petits et grands canaux d’eau, plusieurs terres labourables et prés, une triple avenue d’ormes pour arriver au château ; au bas duquel avant parc sont deux pavillons servant de logements aux gardes.
Le grand parc est situé derrière le château. Il est composé de trois grandes pièces de parterre, plusieurs bosquets, boulingrins, bois, taillis et hautes futaies décorées par plusieurs allées et étoiles, dans lesquels bois sont trois glacières, terres labourables en plusieurs pièces.
Les dits lieux contenant en fonds de terre 540 arpents, y compris une pièce dite de la Justice, où autrefois étaient les fourches patibulaires dudit Coubert. »

Samuel Bernard conserve la propriété de Coubert jusqu’à sa mort, en 1739. Elle revient à l’aîné de ses fils : Samuel-Jacques Bernard, qui prend le titre de comte de Coubert. À sa mort en 1753, son fils Olivier Samuel Jacques Bernard lui succède.
LES PLANS D’INTENDANCE
En 1788, des plans d’Intendance sont réalisés sur une partie du territoire sous l’autorité de Louis Bertier de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris pour établir une meilleure répartition de la taille, impôt direct de l’Ancien Régime, entre les différentes paroisses.

Ce plan montre que le parc de Coubert couvre le tiers de la commune. Structuré par deux grandes allées perpendiculaires, un bâtiment de plan rectangulaire avec cour centrale est positionné sur l’axe principal, encadré de deux ailes symétriques.
À la Révolution, le comte de Coubert, Olivier Samuel Jacques Bernard, partisan de le monarchie absolue émigre hors de France.
En 1799, l’Etat qui a besoin de renflouer ses caisses, confisque le château de Coubert pour le vendre comme bien national.

PLAN CADASTRAL 1808
Au début du XIXème siècle, des plans parcellaires de chaque commune sont réalisés avec la liste des propriétaire, dans un but fiscal comme base de l’impôt foncier.


Ce détail d’un plan parcellaire de 1808, montre avec précision la composition de la propriété du château et la nature de chaque parcelle. Ici, Cour du château, Basse-cour et ferme du château, pré, jardin fruitier…
Le château avec ses quatre tours, ainsi que les pavillons encadrant la cour du château sont encore en place.
Un autre plan parcellaire de 1808 a été réalisé. Il localise au Nord du château : une Orangerie et une faisanderie et au Sud, la ferme. Le nom du propriétaire du château est noté. Il s’agit de Monsieur Forestier.



PLAN CADASTRAL 1840
A la suite de la vente du domaine comme bien national, le château subira des destructions jusqu’en 1820.

Sur ce plan de 1840, on constate effectivement que les quatre pavillons encadrant la cour du château ont disparu. Cependant, l’emprise du château est encore représentée avec ses douves et tours d’angle. Mais il était probablement arasé comme on peut le voir aujourd’hui.

LOCALISATION DES BÂTIMENTS
Les informations obtenues à partir de ces documents permettent d’identifier l’emplacement des différents bâtiments. Cela permet de mieux comprendre les évolutions du site.

MONOGRAPHIE D’INSTITUTEUR
Vers 1890, l’instituteur du village, Stanislas Foôlle reçoit la mission, comme l’ensemble des instituteurs du territoire, de réaliser une monographie communale. Leur but est de montrer le progrès de l’instruction publique en France tout en mettant en valeur l’histoire locale.
La monographie de la commune de Coubert est composée de plusieurs chapitres : une notice géographique, une histoire de l’enseignement, la présentation de la maison d’école dont la commune est propriétaire depuis 1857, la liste de instituteurs depuis 1668, une histoire locale, et un plan de la commune.
On y trouve l’information du nom du propriétaire du château vers 1890 : Mme Lebeuf de Montgermont.

Sur ce plan, les pavillons encadrant la cour du château ont disparu et l’orangerie n’est pas représentée. Par contre, les bâtiments de la ferme ont été conservés ainsi que les bases du château vieux.


Vestiges du vieux château -Cartes postales anciennes début XXème – Archives départementales de Seine-et-Marne – Cotes 2FI1374 et 2FI1385
Le château que l’on voit aujourd’hui a t-il été construit à la fin du XIXème siècle ou tout début du XXème siècle ?
Les prochaines recherches permettront d’obtenir des éléments de réponse.
La partie II de l’article traitera du château de la fin du XIXème/début XXème.
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complémentaires – fermeture d’établissement, confiscation, publication par voie d’affichage de la décision
judiciaire – peuvent en outre être prononcées.



2 commentaires
Marie-Paule LE GOFFIC
Bravo ! La variété des sources permet de reconstituer l’histoire du château avec une grande précision historique. J’attends la deuxième partie avec impatience !
Vaveneau
Merci Marie-Paule, la suite arrive bientôt 😊