Estampe représentant le château de Coubert au XVIIIème siècle
Patrimoine

Le château de Coubert

Partie I – Les plans historiques de la propriété – XVIIIème – XIXème

Il y a quelques semaines, j’ai découvert par hasard une propriété à Coubert (Seine-et-Marne). Elle regroupe de nombreux bâtiments désaffectés, dont un château et une maison de gardien du XIXème siècle, une façade du XVIIIe siècle et des vestiges d’un ancien château avec douves, enveloppés d’une végétation dense.

Ce site dégage une atmosphère mystérieuse qui a immédiatement éveillé ma curiosité.

Je décide alors de partir à la découverte de ce lieu en consultant les plans anciens.

CARTE DE CASSINI

La commune de Coubert se situe 7 km à l’Est de Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne.

Au XVIIIème siècle, une cartographie topographique est réalisée sur l’ensemble de la France. Elle est produite par plusieurs membres de la famille Cassini.

Source IGN – Carte de Cassini – XVIIIème siècle

Cette carte montre sur la commune de Coubert un vaste parc structuré par de nombreuses allées en pattes d’oie. Il se situe au Nord du village.

LE CHÂTEAU AU XVIIIème siècle

En 1719, la propriété est acquise par Samuel Bernard, financier et armateur négrier français. Il est alors l’un des hommes les plus riches d’Europe et principal banquier du royaume. Le village de Coubert est érigé en comté en 1725.

Portrait de Samuel Bernard, par Hyacinthe Rigaud 1726 - Château de Versailles
Portrait de Samuel Bernard, par Hyacinthe Rigaud 1726 – Château de Versailles

Dans le livre-terrier du comté de Coubert datant de 1725, le château est ainsi décrit :

« Le château se composait de deux grands bâtiments l’un en face de l’autre avec quatre tours aux angles saillants, cour au milieu, le tout entouré de fossés remplis d’eau, ponts sur iceux : avant-cour dans laquelle sont quatre pavillons à quatre faces, situées aux quatre coins de ladite avant-cour, dont un est la chapelle dudit château, l’entrée de laquelle avant-cour est fermée par un grand fossé en demi-lune, rempli d’eau et une grille de fer sur le pont d’icelui. 

L’avant parc, situé devant le château, est séparé du grand parc par une mur et quatre grilles de fer ; il est composé de deux grands quinconces d’arbres fruitiers, petits et grands canaux d’eau, plusieurs terres labourables et prés, une triple avenue d’ormes pour arriver au château ; au bas duquel avant parc sont deux pavillons servant de logements aux gardes.

Le grand parc est situé derrière le château. Il est composé de trois grandes pièces de parterre, plusieurs bosquets, boulingrins, bois, taillis et hautes futaies décorées par plusieurs  allées et étoiles, dans lesquels bois sont trois glacières, terres labourables en plusieurs pièces.

Les dits lieux contenant en fonds de terre 540 arpents, y compris une pièce dite de la Justice, où autrefois étaient les fourches patibulaires dudit Coubert. »

Le château de Coubert sous Samuel Bernard – Estampe d’Eugène Blondeau 1898, reconstituant le château dans son état XVIIIème – Archives départementales de Seine-et-Marne – Cote 6F919

Samuel Bernard conserve la propriété de Coubert jusqu’à sa mort, en 1739. Elle revient à l’aîné de ses fils : Samuel-Jacques Bernard, qui prend le titre de comte de Coubert. À sa mort en 1753, son fils Olivier Samuel Jacques Bernard lui succède.

LES PLANS D’INTENDANCE

En 1788, des plans d’Intendance sont réalisés sur une partie du territoire sous l’autorité de Louis Bertier de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris pour établir une meilleure répartition de la taille, impôt direct de l’Ancien Régime, entre les différentes paroisses.

1788 – Plan d’intendance Archives départementales de Seine-et-Marne  Cote 1C48-5

Ce plan montre que le parc de Coubert couvre le tiers de la commune. Structuré par deux grandes allées perpendiculaires, un bâtiment de plan rectangulaire avec cour centrale est positionné sur l’axe principal, encadré de deux ailes symétriques.
À la Révolution, le comte de Coubert, Olivier Samuel Jacques Bernard, partisan de le monarchie absolue émigre hors de France.
En 1799, l’Etat qui a besoin de renflouer ses caisses, confisque le château de Coubert pour le vendre comme bien national.

Vente de biens nationaux – Archives départementales de Seine-et-Marne  – Cote 1Q1248

PLAN CADASTRAL 1808

Au début du XIXème siècle, des plans parcellaires de chaque commune sont réalisés avec la liste des propriétaire, dans un but fiscal comme base de l’impôt foncier.

Plan cadastral de 1808 – Détail – Archives départementales de Seine-et-Marne Cote 4P36/491
Détail sur le château

Ce détail d’un plan parcellaire de 1808, montre avec précision la composition de la propriété du château et la nature de chaque parcelle. Ici, Cour du château, Basse-cour et ferme du château, pré, jardin fruitier…

Le château avec ses quatre tours, ainsi que les pavillons encadrant la cour du château sont encore en place.

Un autre plan parcellaire de 1808 a été réalisé. Il localise au Nord du château : une Orangerie et une faisanderie et au Sud, la ferme. Le nom du propriétaire du château est noté. Il s’agit de Monsieur Forestier.

Plan cadastral de 1808 – Détail – Archives départementales de Seine-et-Marne Cote 4P36-492
Orangerie – Cliché de 1956 de Roger Henrard – Détail – Ministère de la culture Base mémoire ref AP77HN0100
Façade de l’Orangerie en 2011 Cliché communes.com

PLAN CADASTRAL  1840

A la suite de la vente du domaine comme bien national, le château subira des destructions jusqu’en 1820.

Plan de cadastre de 1840 – Section A – Feuille III- Détail – Archives départementales de Seine-et-Marne  – Cote 4P37/352

Sur ce plan de 1840, on constate effectivement que les quatre pavillons encadrant la cour du château ont disparu. Cependant, l’emprise du château est encore représentée avec ses douves et tours d’angle. Mais il était probablement arasé comme on peut le voir aujourd’hui.

Vestiges château vieux Cliché de 1966 – Archives départementales de Seine-et-Marne  – Cote 2FI19480

LOCALISATION DES BÂTIMENTS

Les informations obtenues à partir de ces documents permettent d’identifier l’emplacement des différents bâtiments. Cela permet de mieux comprendre les évolutions du site.

Château de Coubert – Implantation des bâtiments – Esquisse V. Aveneau – Septembre 2025

MONOGRAPHIE D’INSTITUTEUR

Vers 1890, l’instituteur du village, Stanislas Foôlle reçoit la mission, comme l’ensemble des instituteurs du territoire, de réaliser une monographie communale. Leur but est de montrer le progrès de l’instruction publique en France tout en mettant en valeur l’histoire locale.

La monographie de la commune de Coubert est composée de plusieurs chapitres : une notice géographique, une histoire de l’enseignement, la présentation de la maison d’école dont la  commune est propriétaire depuis 1857, la liste de instituteurs depuis 1668, une histoire locale, et un plan de la commune.

On y trouve l’information du nom du propriétaire du château vers 1890 : Mme Lebeuf de Montgermont.

Monographie de l’instituteur – Plan de la commune de Coubert – environ 1890 – Détail – Archives départementales de Seine-et-Marne  Cote 30Z116

Sur ce plan, les pavillons encadrant la cour du château ont disparu et l’orangerie n’est pas représentée. Par contre, les bâtiments de la ferme ont été conservés ainsi que les bases du château vieux.

Vestiges du  vieux château -Cartes postales anciennes début XXème – Archives départementales de Seine-et-Marne – Cotes 2FI1374 et 2FI1385

Le château que l’on voit aujourd’hui a t-il été construit à la fin du XIXème siècle ou tout début du XXème siècle ?

Les prochaines recherches permettront d’obtenir des éléments de réponse.

La partie II de l’article traitera du château de la fin du XIXème/début XXème.

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