Faits divers

Fait divers à Bouleurs en 1861 – Partie 1/4

En consultant la presse locale, on y trouve de nombreux faits divers qui éveillent notre curiosité comme celui-ci :

Journal de Seine-et-Marne 23 février 1861. Numéro 1183 – p2

Au milieu du XIXème siècle, la place du marché de Crécy est un lieu de vie très important où se retrouvent les habitants des communes avoisinantes. Le marché s’y déroule les jeudis. Les commerces et auberges y sont nombreux. Des notaires et une justice de paix y sont installés.

Jean Louis Ambroise Guyon dit Mathias est né à Bouleurs le 8 vendémiaire an VIII (30 septembre 1799).

Jean dit Mathias, est le fils de Jean Louis Guyon, vigneron, et de Marie Magdeleine Lormier, mariés à Bouleurs en 1798. Ils sont tous deux décédés lors des faits. Il est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants.

Jean Guyon exerce le métier de cultivateur.

Célibataire et rentier, il demeure à Bouleurs, rue de l’Égout.

Il possède de nombreux biens (bâtiments et terrains) sur l’ensemble de la commune de Bouleurs.

Ses biens proviennent notamment de donations de ses parents, en date du 14 février 1830, chez Maître Beauvais  et du 4 octobre 1843, chez Maître Dhostel, notaires à Crécy.

Bouleurs – Tableau d’assemblage des sections – Détail rue de l’égout – Cote  4P37/1147
Cadastre napoléonien -Bouleurs – Section E dite de la rue de l’égout 1ère  feuille – Cote 4P37/1159

Acte de vente des biens

En 1859, Jean Guyon vend à Jean Troublé et à sa femme Marie Picard, tous ses immeubles comprenant divers bâtiments et  terres de toutes natures.

L’acte est passé devant Maître Allorge, notaire à Crécy, le 19 juillet 1859.

La vente est conclue pour 10 000 francs à payer en rente annuelle de 1 447 francs.

Les versements doivent être effectués tous les deux mois en espèces jusqu’à la mort de Jean Guyon. En échange, il doit avoir toute sa vie la jouissance de sa maison d’habitation et de ses dépendances.

Dossier de jugement de cours d’assises – Cote UP51592

« …En outre des charges et conditions ci-dessus la présente vente est faite moyennant la somme de dix mille francs, de prix principal.

Pour se libérer de cette somme les sieur et dame Troublé créent et constituent sur la tête et pendant la vie de Mr Guyon vendeur, qui accepte, une rente annuelle et viagère de mille cent quarante sept francs qu’ils s’obligent solidairement entre eux et sans division ni discussion de payer au sieur Guyon en sa demeure à Crécy en l’étude de maître Allorge, à son choix à partir du onze novembre prochain tous les deux mois ou en six  termes et paiements égaux, pour le paiement du premier terme échoir et être effectué le onze janvier mille huit cent soixante , celui du second terme, deux mois plus tard et ainsi de suite de terme en terme et d’année en année jusqu’au jour du décès de Mr Guyon, époque à laquelle la dite rente sera entièrement éteinte et amortie et Mr et Made Troublé seront libérés du prix de la présence vente… »

Deux autres cultivateurs sont intéressés par ces biens, mais ne font pas de proposition :

  • Michel Pestail estime les biens  (terres, prés, vignes et bois) à 9600 francs et les bâtiments à 1700 francs. Il considère qu’en acceptant une vente si élevée, Jean Troublé faisait un coup de loterie.
  • Louis Raoult  estime les biens (terres, prés, vignes et bois) à 9000 francs et les bâtiments à 2000 francs, soit 11000 francs en tout. Il juge que le prix accepté par Jean Troublé  est trop cher.

En faisant cette transaction, Jean Troublé compte sur une espérance de vie plus courte  de Jean Guyon, âgé de cinquante-neuf ans à la date de la vente. Il est de santé fragile.

Mais Jean Troublé a rapidement des difficultés à payer ses rentes. Il cumule des retards de paiement. Jean Guyon s’en plaint auprès de tout le monde. Il a menacé plusieurs fois Jean Troublé de poursuites, ce qui génère de nombreuses disputes  entre eux. La première est survenue le 4 mai 1860. Ce jour là, Jean Troublé, en colère, a infligé un coup de poing à Jean Guyon…

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