Faits divers

Fait divers à Bouleurs – partie 4/4

Jean Baptiste Bert naît le 3 janvier 1812 à Vif, arrondissement de Grenoble  (Isère). Il est le fils d’Etienne (1747- 1824), soixante-cinq ans à sa naissance, et de Marie Roux (1768-1839), quarante-quatre ans. Il est le dernier d’une fratrie de sept enfants, et le seul survivant avec les deux aînés. Il n’a que douze ans lorsque son père décède. Sa famille reste à Vif en Isère.

Il se marie en premières noces avec Marie Désirée Bourdelat, dont il a deux enfants :

                   – Eugénie, née le 24 octobre 1845 à Crécy

                   – Alexandre, né le 4 mai 1848 à Crécy

Marie Désirée Bourdelat décède à l’hospice de Crécy le 26 octobre 1849. Selon Le livre journal de l’hospice, « femme Berthe » y était rentrée le 20 octobre 1849.

         Jean-Baptiste se remarie le 7 juillet 1851 à Villeneuve-le-Comte (77) avec Marie Marguerite Isabelle Simonet. Née le 26 avril 1824 à Villeneuve-le-Comte, elle est la fille de Théodore Alphonse, équarisseur de charpente et Marguerite Lossiet. Ils légitiment à leur mariage un enfant naturel inscrit sur les registres de Paris 8ème à la date du 9 décembre 1848 sous le nom de Auguste Simonet.

En 1861, Jean Baptiste Bert a quarante-neuf ans. Il demeure à Crécy chez Jean Piédeloup, vigneron, où il est manouvrier et charretier. Il est d’une taille élevée (1m71), une figure énergique, des yeux gris, des moustaches, un front développé, une tête légèrement dénudée. Il est illettré. Il est connu comme un homme à caractère brutal et violent.

La description des registres d’écrou décrit ainsi les marques particulières de Jean Bert : une légère cicatrice à la joue droite, un signe à la joue gauche, une cicatrice à l’indicateur de la main gauche, deux cicatrices à l’auriculaire de la main gauche, tatoué sur le bras droit d’un portrait de hussard et d’un portrait de femme, au dessous un millésime presque effacé, tatoué sur le bras gauche de deux sabres en croix, au dessus un masque, au dessous un gant, au dessous un tatouage représentant une fleur.

         Jean Bert a pour habitude de dépenser immédiatement au cabaret l’argent qu’il gagne. L’abus de boisson le rend parfois dangereux. Le soir du 14 février 1861, il est aussi présent au cabaret Aubert. Il a échangé avec Jean Troublé dans la soirée au sujet de Jean Guyon. Il lui a dit : « donne-moi 500 francs et je te le tue », puis ils sont partis du cabaret chacun de leur côté.

         Jean Piédeloup se souvint que ce soir-là, Jean Bert est rentré vers 23h, puis est ressorti presque aussitôt. Il reconnaît la musette retrouvée sur les lieux du crime comme appartenant à son domestique. Il a de plus aperçu le lendemain des gouttes de sang sur la chemise de Jean Bert.

         Mais Jean Bert n’a pas été inquiété à la suite du procès de Jean Troublé.

         Courant septembre 1861, Jean Bert a de nouveau un comportement violent. Il boit un verre au cabaret avec Pierre Bégué, vigneron et règle la dépense. Il lui réclame plus tard sa part de consommation, en le menaçant de le jeter à l’eau. Il tente de le faire au pont du Petit-Morin, en présence de plusieurs témoins.

         Deux mois plus tard, le 6 novembre 1861, il est arrêté pour outrage à magistrat. Il est condamné à Meaux le 19 novembre suivant, à six mois de prison.

         Le 4 mai 1862, alors qu’il est encore en prison, il est extrait de la maison d’arrêt de Meaux et envoyé  à la maison de justice pour la cour d’assises de Seine-et-Marne. Il est jugé pour avoir  commis avec Jean Troublé, un homicide volontaire avec préméditation sur la personne de Jean Guyon et pour avoir tenté d’assassiner Pierre Bégué.

Le 14 mai 1863 à Melun, Jean Baptiste Bert est condamné par la cour d’assises de Seine-et-Marne à la peine de vingt ans de travaux forcés. Après sa peine, il demeure placé pendant toute sa vie sous la surveillance de la haute police de l’état.

Jean Baptiste Bert arrive au bagne de Toulon le 3 août 1863, trois mois après Jean Troublé, sous le n° matricule 15537. Il est détaché de la chaîne le 31 juillet 1864. Cinq mois après Jean Troublé, le 3 août 1864, il embarque pour la Guyane sur l’Amazone, par ordre du préfet maritime en date du 28 juillet 1864.

Archives nationales d’outre-mer – Cote FR ANOM COL H 361

« Jean Bert mesure 1m70, il a les cheveux châtains gris, le front découvert et haut, les yeux gris, le nez moyen, la bouche grande, le menton plat et large, la barbe châtain gris, le visage ovale, le teint brun. Signes particuliers : tatoué sur le bras droit d’un hussard et d’une femme, sur le bras gauche de deux sabres, d’un masque, d’un gant et d’une fleur. »

Le 18 juin 1883, à la fin de sa peine, il passe n°5367. Il exerce le métier de fatigant[1]

[1] profession des forçats, tâche plus ou moins difficile selon condamnation


Décès de Jean Baptiste Bert

Il décède aux Îles du Salut le 5 avril 1884 à l’âge de soixante-douze ans.

Etat civil de Bouleurs – Cote 5Mi8220

« Extrait des registres de l’Etat civil de la commune des Iles du salut aujourd’hui cinq avril mil huit cent quatre vingt quatre à neuf heures du matin.

Par devant nous Jean Baptiste Ferdinand Oscar Daniel officier de l’ administration aux îles du salut remplissant audit lieu les fonctions dofficier de l’ Etat Civil en vertu de l’arrêté du gouverneur de la Guyane Française en date du 26 avril 1852 sont comparus Césari Jules François âgé de trente-quatre ans surveillant militaire de troisième classe et Eugène Fouret âgé de vingt-sept ans surveillant militaire de troisième classe, ni parents ni alliés ni voisins du défunt tous deux domiciliés aux Iles du salut lesquels nous ont déclaré que le sieur Bert Jean Baptiste âgé de soixante-douze ans environ ayant exercé la profession de manouvrier domicilié aux Iles du Salut né à Vif canton dudit arrondissement de Grenoble département de l’Isère, fils de Etienne et de Marie Roux époux de Marie Elisabeth Simonnet seuls renseignements que nous avons pu recueillir est décédé le cinq avril mil huit cent quatre vingt quatre à trois heures du matin aux Iles du salut Guyane française duquel décès nous nous sommes assurés et en avant dressé par duplicata le présent acte que les témoins déclarant ont signé avec nous après lecture faite signé Cesari E. Fouret C. Daniel. Pour copie conforme L’officier de l’Etat civil Daniel

Transcrit littéralement en vertu de l’article quatre-vingts du code civil par nous Alfred Barassi Maire et Officier de l’état civil de la ville de Crécy le vingt trois juillet mil huit cent quatre vingt quatre. »

§§§

Fin de l’article « Fait divers à Bouleurs »

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